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Romans étrangers

Pour se rendre compte du problème, il suffit de jeter un œil sur le classement des meilleures ventes de romans étrangers en France. Dans la liste des 20 premiers que publie la FNAC, les écrivains anglophones sont surreprésentés : 9 Anglais et 5 Américains. Pour le reste, on trouve un Portugais, un Brésilien, un Colombien, un Islandais, un Suédois et un poète persan.
En 2013, le pourcentage de romans étrangers traduits de la langue de Shakespeare était de 60,2 %, soit six livres sur dix…
Dans l’ordre, après l’anglais, viennent le japonais, l’allemand, l’italien et l’espagnol. Les autres langues se partagent les miettes d’un marché pourtant conséquent puisque la France, avec l’Allemagne, fait partie des pays qui traduisent le plus.
La place de numéro 2 du japonais s’explique par le succès phénoménal des mangas. Après des débuts difficiles, des ponts de traduction ont été jetés entre les deux cultures. Les éditeurs français, par exemple, ont obtenu de leurs auteurs nippons qu’ils adaptent leurs bulles, qu’ils les fassent plus rondes, pour pouvoir y entrer du texte horizontal alors que le japonais s’écrit à la verticale.

 

La faute aux lecteurs, dont les goûts et les aspirations littéraires sont aussi versatiles que l’air du temps ?

L’allemand, l’italien et l’espagnol, langues « limitrophes », arrivent loin derrière. Mais ce qui inquiète le plus les observateurs, c’est la raréfaction d’ouvrages issus de certaines langues comme le turc, le bulgare, le grec ou l’arabe, autant de textes qui ne sont pas traduits, donc non transmis.
A qui la faute ? A la frilosité et au manque de curiosité des éditeurs ? Aux traducteurs eux-mêmes, peu attirés par certaines langues ? Aux institutions, qui ne favorisent pas la formation de traducteurs vers des langues où il y a pénurie ? Aux lecteurs, enfin, dont les goûts et les aspirations littéraires sont aussi versatiles que l’air du temps ?
Un peu de tout cela, bien sûr. La traduction littéraire s’inscrit dans une logique d’offre et de demande, mais pas seulement. En amont, il faut l’alimenter et c’est le rôle des éditeurs. A eux de défendre la diversité linguistique. Du côté de la formation, des initiatives sont à relever. Celle du Centre National du Livre (CLV) par exemple, qui a ouvert, en 2013, une école de traduction littéraire (ETL). L’ETL accueille chaque année une promotion de 15 élèves qui représentent 14 langues différentes. Un bel exemple mais une goutte d’eau face aux besoins.

Nicolas Roiret
pour le Blog du Groupe


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