L’aspirateur à contenu

illustration billet aspirateurPrenons un cas d’école : vous êtes au bureau et vous recevez un courriel contenant un fichier Word, un PDF ou un fichier PowerPoint rédigé en anglais, une langue que vous maîtrisez mal. Or, comme souvent, il s’agit d’un document important qui nécessite une réponse rapide. Pour vous faciliter la tâche dans la compréhension du message, vous allez utiliser Google Traduction. Un copier-coller, et hop, en quelques secondes, vous allez savoir de quoi il retourne et pouvoir réagir. C’est efficace, ludique, gratuit et avec le temps cela devient presque un automatisme.

Vos collègues, vos chefs, n’ont même pas à le savoir. Discrétion garantie.
Le problème, c’est que votre passage sur Google Traduction va laisser des traces. C’est le cauchemar de tous les RSSI (Responsables de la Sécurité du Système Informatique). En effet, le contenu que vous avez demandé à traduire ainsi que les métadonnées relatives à la connexion sont désormais stockés sur des serveurs externes et en théorie, à la merci de n’importe quel pirate.

Quand j’utilise Google Traduction pour traduire un document, le géant de Mountain View s’octroie une licence mondiale pour ledit document…

Dans un article récent, Arnaud Dufournet, directeur du marketing chez Systran (société spécialisée dans la traduction automatique à l’usage des entreprises), s’inquiète fort opportunément des risques liés au « shadow cloud », ce nuage fantôme et incontrôlable sur lequel s’amassent des données relatives à l’entreprise. Par le biais de Google, notamment.
Pour se rendre compte du danger, il suffit de lire les « conditions d’utilisation de Google » et plus précisément le chapitre intitulé « Vos contenus et nos Services ».

Là, vous apprenez que si Google ne revendique pas la propriété ou le contrôle de votre contenu (c’est sympa), la société s’octroie néanmoins une licence mondiale de reproduction, d’adaptation, de modification, de publication et de distribution dudit contenu sans avoir à vous verser de royalties (c’est moins sympa). En gros, quand j’utilise Google Traduction pour traduire un e-mail, son contenu est à la disposition de Google.

Dans son post, Arnaud Dufournet propose une alternative, avec l’installation d’un boîtier derrière le pare-feu permettant de verrouiller le système et empêcher toute sortie de données. Un service payant qui permettrait aux RSSI de retrouver une certaine sérénité.

Faut-il pour autant sombrer dans une crise de parano aiguë ? Le contenu mis à la disposition de Google Traduction lui permet surtout de « nourrir » ses algorithmes et de rendre le système plus performant. Depuis le temps, vous connaissez la règle : « si c’est gratuit, c’est vous le produit ».

Nicolas Roiret
pour le Blog du Groupe


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