UNE VISITE EN COUP DE VENT

Expo-Langues 2012

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Le 3 février dernier, j’ai bravé un froid de canard pour retrouver une sensation vieille de 30 ans, celle de l’étudiant paumé venu chercher des idées d’avenir dans un salon d’étudiant.

L’idée m’est venue en découvrant une affiche dans le métro. « Expo-Langues 30ème édition, Les langues du monde, le monde des langues ». Je me suis dit : « Aujourd’hui, si j’ai 20 ans, un bac en poche, et déjà une ou deux années de fac derrière moi, si la voie que j’ai prise, souvent par défaut, est sans intérêt ou totalement bouchée, pourquoi ne pas aller voir du côté des langues ? ». Un raisonnement tenu par beaucoup.

Nous sommes à la Porte de Versailles, pavillon 4 . Passée l’habituelle distribution de prospectus, le visiteur découvre un univers assez feutré, plutôt féminin et intello. J’emboîte le pas à deux étudiantes qui, comme moi, viennent d’arriver.

Deux copines de fac probablement. Les visages sont tendus, ça sent la corvée. Les filles déambulent d’abord au hasard, semblent chercher puis se précipitent sur le stand de la Commission Européenne. Là, elles piochent dans les présentoirs, raflent quelques brochures et puis s’en vont sans même répondre au sourire des hôtesses. Je les vois se diriger vers la sortie et disparaître. Durée de leur visite, moins de cinq minutes.

L’interprétariat trimbale deux préjugés l’empêchant de devenir tendance.

Pourquoi le stand de la Commission Européenne et seulement celui-là ?
Je décide de m’y attarder et je comprends vite pourquoi il attire du monde.
L’Europe a besoin d’interprètes, de beaucoup d’interprètes. Elle en possède 1000 en interne, auxquels s’ajoutent 3000 indépendants accrédités. Avec ses 23 langues officielles et ses 18 000 réunions annuelles, c’est une fourmilière linguistique unique au monde, une porte à laquelle on peut venir frapper.

Reste, pour un jeune, à sauter le pas. L’interprétariat trimbale deux préjugés l’empêchant de devenir tendance.
Le premier vient de l’apparente difficulté de la traduction simultanée des paroles d’un autre. Pour beaucoup, l’exercice relève de la magie alors qu’il est fondé sur un apprentissage et des techniques largement éprouvées.

La seconde idée reçue est la nécessité d’être polyglotte, d’être une bête en langue, capable de converser en russe, en bulgare, en flamand et/ou en portugais… C’est faux, bien sûr. On vous demande surtout d’être fort dans votre langue maternelle, le but étant de la restituer le mieux possible.

Faut-il pour autant que je me déplace dans un salon pour l’apprendre ? Non.
Nos deux étudiantes si pressées n’ont pas dû faire grand-chose de leur doc. A part découvrir qu’il existe une vidéo officielle sur You Tube.
En effet, un clip de 7 minutes et 13 secondes fait la promotion de l’interprétariat au sein de l’Europe. Un tantinet austère, il répond néanmoins à de nombreuses questions au travers de témoignages courts et pragmatiques. Cette vidéo, titrée « Interpréter pour l’Europe », a été vue près de 50 000 fois. Le problème est qu’elle a été postée il y a deux ans.
Avec ses 240 millions d’euros de budget annuel, la Direction Générale de l’Interprétariat serait bien inspirée de rafraîchir sa communication à destination des jeunes. Et en particulier sur le Net.
La nouvelle génération est effectivement très « salon ». Mais plutôt chez elle, devant l’ordi.

Nicolas Roiret
pour le Blog du Groupe

Vidéo « Interpréter l’Europe ».


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